Dans un contexte de surpopulation carcérale (plus de 750 détenus), dans un contexte d’usure professionnelle, les nouvelles agressions survenues cette semaine viennent plonger le personnel dans une profonde tristesse, mais aussi une colère qui monte créscendo. FO JUSTICE Bémao tient exprimer ses préoccupations quant aux conditions de travail et de sécurité qui continuent de se dégrader au sein de notre établissement (surcharge de travail, santé physique et morale mise à rude épreuve, risques psychosociaux ignorés, sécurité hasardeuse, Ressource Humaine désertique, etc…).
Notre quotidien ne peut plus être passé sous silence de la part de nos instances dirigeantes.
Nous ne pouvons plus entendre le discours déprimant de la DSPOM cautionnant le manque cruel d’effectif.
Nous ne pouvons plus accepter que la DSPOM fasse la sourde oreille à toutes nos revendications légitimes.
Une réponse collective urgente doit être apportée par notre direction et la DSPOM, dans l’intérêt des personnels et d’un établissement qui marche sur des œufs.
Plusieurs incidents ont émaillé les services de ces derniers jours.
Dans la nuit de dimanche à lundi, vers 19h50, une bagarre a éclaté entre les occupants d’une même cellule au CD1 Sud. Le personnel a dû intervenir pour sortir un détenu connu pour son état mental fragile. Il voulait s’en prendre aux autres occupants de la cellule.
Hier, en début d’après-midi, au CD1Est, un détenu a été gravement brûlé pars ses codétenus dans leur cellule. La victime présentait des marques de brûlures sur tout le corps, avec même des chutes de peau par endroit. Il a fallu, encore une fois, l’intervention du personnel pour le sortir des griffes de ses bourreaux et l’emmener à l’unité sanitaire.
Hier pendant la nuit, un collègue a été lâchement agressé par un détenu coutumier des faits. L’agent a reçu un jet de liquide bouillant, alors qu’il contrôlait la présence physique du détenu à l’œilleton. Notre collègue a été rapidement pris en charge par les pompiers et conduit au CHU de Pointe-à-Pitre pour recevoir des soins. Quelques brûlures au 1er degré.
FO JUSTICE Bémao dénonce et condamne cette série d’agressions entre détenus et envers le personnel. Certains individus n’ont plus rien à faire dans nos murs ou sur notre territoire. L’agresseur de notre collègue n’a pas arrêté de faire des va-et-vient incessants entre la MA Basse-Terre et le CP de Baie-Mahault. Ce mauvais garnement est surtout connu pour son profil psychologique en dents de scie et ses changements d’humeur, passant du faux calme à un individu manipulateur, violent et dangereux.
Pour FO JUSTICE Bémao, ce détenu doit être transféré sans délais. Et on verra qui de la direction de Baie-Mahault ou de Basse-Terre prendra ses responsabilités pour demander le transfert de ce détenu multirécidiviste vers un établissement hexagonale.
Cette violence n’est autre que le résultat d’une surpopulation carcérale, d’une promiscuité à outrance, de la prolifération de produits prohibés en détention, et surtout d’une politique décisionnaire occultée par les 8000 km qui nous séparent de l’hexagone.
Cela remet à l’ordre du jour une demande longtemps portée par notre organisation : la création d’unité spécialisée (UHSI / UHSA) dans notre département à l’instar de certaines régions hexagonales.