Monsieur le Directeur,
FO Justice vous alerte sur l’état de dégradation critique des conditions de travail et le mal-être aigu des Conseillers Pénitentiaires d’Insertion et de Probation (CPIP) du SPIP 95, en milieufermé.
⚠️ Surcharge de Travail Explosive et Danger
La situation est la conséquence d’une surcharge structurelle intenable :
- Démographie carcérale : l’ouverture de la Structure d’Accompagnement Vers la Sortie (SAS) a augmenté l’effectif carcéral sans que le nombre de CPIP de la Maison d’Arrêt (MAVO) n’aient été compensés. Les agents ont été ponctionnés pour la SAS.
- Ratio Insupportable : Les CPIP gèrent désormais en moyenne 100 à 110 dossiers par agent, un chiffre qui empêche tout accompagnement de qualité et l’exercice d’une réelle mission d’insertion et de probation.
- Obstacles Quotidiens : Les difficultés du Centre Pénitentiaire (CPOP) – manque de personnel de surveillance, incidents, et mouvements – transforment la simple rencontre d’un détenu en un “parcours du combattant”.
- Violences Accrues : La violence monte en détention, et les CPIP n’y échappent plus, exposés à un risque physique constant (agression récente d’un collègue et agression d’une extrême violence entre codétenus).
- Conditions de travail déplorables (ordinateur ne fonctionnant pas en détention, entretien effectué dans un « bureau » sale et avec 5 cm d’eau sous les pieds…).
L’Urgence : Agents en Situation de Burn-Out
Le quotidien met directement en danger la santé des agents :
- Les CPIP sont en situation de burn-out (malaises, crises de larmes au bureau).
- Ils travaillent quasi systématiquement le soir et les week-ends pour faire face à leurs tâches et également par solidarité pour combler les absences pour maladie.• Le rythme d’une Commission d’Application des Peines (CAP) par semaine rend la prise en charge des dossiers ingérable (LSC, Réductions de Peine), notamment pour la population à courtes peines.
- Leur travail ne consiste pas « uniquement » à la prise en charges des personnes détenues.
Pour exemple, chaque CPIP se doit d’assurer un grand nombre de références (radicalisation, VIF…). Certains en cumulant déjà cinq.
L’administration engage aujourd’hui sa responsabilité juridique et éthique en maintenant les agents dans cette situation de mise en danger permanent. Les CPIP ne peuvent plus être les seuls à porter la responsabilité d’un dysfonctionnement devenu la norme.
FO JUSTICE EXIGE DES MESURES CONCRÈTES ET IMMÉDIATES POUR PROTÉGER LES PERSONNELS