Quand FO Justice réclame des responsabilités, ils crient au scandale. Quand leurs alliés défendent leur pré carré, ils regardent ailleurs.
UISP FO Justice Dijon prend acte de l’attaque de la CGT dans son communiqué en date du 09 juin 2026, qui nous accuse d’instrumentaliser un drame humain, de protéger le pouvoir et de livrer les agents à la vindicte.
Quelle belle indignation.
Dommage qu’elle soit aussi sélective.
Car lorsque FO Justice exige vérité et responsabilités après un drame judiciaire, la CGT découvre soudain la pudeur, la nuance et la défense des professionnels. Mais lorsque le Syndicat de la magistrature, allié objectif de cette même famille syndicale, s’est empressé après Incarville de défendre son pré carré contre la visioconférence et le déplacement des magistrats en détention, cette pudeur avait visiblement disparu.
Deux agents pénitentiaires assassinés. Des collègues grièvement blessés. Une administration pénitentiaire frappée au cœur.
Et déjà, certains expliquaient surtout qu’il ne fallait pas “dénaturer” la mission des juges.
À Incarville, nos collègues n’ont pas seulement payé le prix du manque de moyens. Ils ont aussi payé le prix d’une chaîne judiciaire et administrative incapable de partager, d’évaluer et d’anticiper correctement le danger. Quand l’information ne circule pas, quand les signaux ne sont pas traités à la hauteur du risque, ce sont toujours les mêmes qui montent dans le fourgon. Et ce sont toujours les mêmes qui tombent.
Mais là, curieusement, la CGT n’a pas trouvé indécent que le drame serve de décor à une défense corporatiste.
En revanche, quand FO Justice ose rappeler que l’indépendance de la Justice ne peut pas devenir une zone d’irresponsabilité, alors là, c’est une faute syndicale majeure.
Soyons sérieux.
FO Justice n’a jamais protégé aucun ministre FO Justice n’a jamais épargné les gouvernements successifs, les arbitrages budgétaires, les directions ou les administrations lorsqu’ils abandonnent les personnels. Mais FO Justice refuse aussi que le politique serve de paratonnerre automatique pour éviter de regarder les défaillances professionnelles, hiérarchiques ou judiciaires.
Le manque de moyens existe. Nous le dénonçons depuis des années.
Mais il ne peut pas devenir une lessiveuse universelle pour laver toutes les responsabilités.
Défendre les agents, ce n’est pas protéger les appareils.
Défendre les agents, ce n’est pas interdire toute recherche de responsabilité.
Défendre les agents, ce n’est pas hurler au scandale dès qu’une corporation protégée est appelée à rendre des comptes.
La CGT prétend défendre les personnels. Très bien. Alors qu’elle commence par défendre tous les personnels avec la même énergie, y compris ceux de l’administration pénitentiaire, qui paient trop souvent les défaillances des autres au prix fort.
UISP FO Justice Dijon continuera à tenir une ligne simple : vérité pour les familles, responsabilité pour l’institution, protection pour les agents.
Et à ceux qui confondent solidarité syndicale et service après-vente du Syndicat de la magistrature, nous rappelons une chose :
L’indépendance de la Justice est un principe républicain.
L’irresponsabilité judiciaire n’en sera jamais un.
La dignité ne se découvre pas seulement quand elle arrange ses alliés.
