Déclaration préliminaire CSA PJJ du 30 Mai 2024

Madame la Présidente,

Nous saluons votre décision de reporter le CSA PJJ suite au tragique assassinat des surveillants pénitentiaires. Cet événement dramatique rappelle à quel point la vie n’a aucune valeur aux yeux de certains. En cette période troublée où l’humanité est en voie de disparition, FO Justice PJJ tient à exprimer son dégoût contre tous ceux qui, en toute impunité, ôtent la vie d’innocents.

Nous tenons également à rappeler que notre organisation syndicale a toujours alerté la centrale sur la banalisation de la violence. Vous sembliez sensible à cette question ; pourtant, vos services ont décidé de reporter la multilatérale sur cette thématique. Est-ce l’expression d’un intérêt limité ? Pendant ce temps, nos collègues de l’UEAJ de Bures-sur-Yvette ont assisté impuissants à une agression au couteau d’un mineur dont ils avaient la charge.

Madame la Présidente,

L’histoire politique se répète inlassablement autour de la thématique des mineurs délinquants.

Dans les années de l’insouciance, les mineurs étaient une richesse pour la nation. Aujourd’hui, ils semblent être devenus la cause des maux de la société.

Les médias qui fixent l’agenda gouvernemental sont assoiffés de faits divers. Les écrivaillons de tous bords, les pseudo-spécialistes et les intervenants aux obédiences nauséabondes peignent un monde des mineurs ultra-violent à travers des discours empreints d’inepties et d’approximations.

Notre organisation syndicale considère que l’idée de restaurer l’autorité auprès des mineurs n’est pas une hérésie, mais une nécessité. Cela passe en premier lieu par l’affirmation de l’autorité des agents dans l’exercice de leur mission en leur apportant un véritable soutien sans faille. Sur ce point, la PJJ est loin d’être exemplaire.

FO Justice PJJ refuse de céder au culte de l’angélisme et au chant du répressif aveugle. En revanche, nous considérons qu’il existe des réalités en matière de délinquance juvénile qui méritent des ajustements et des mesures adaptées. C’est dans cet esprit d’équilibre et de pragmatisme que nous nous situons. Une large consultation des organisations syndicales devait avoir lieu. C’était sans compter sur le mépris des organisations syndicales puisque d’ores et déjà les orientations sont figées sans la prise en compte de l’expertise des agents de la PJJ.

Madame la Présidente,

Des mesures fortes et simples en lien avec la gouvernance doivent être prises de toute urgence.

Entre les départs intempestifs, les vacances de poste, les intérims à répétition et les arrivées providentielles qui se transforment en désillusion et les annulations intempestives d’instances, notre organisation syndicale s’interroge.

Combien de temps encore allez-vous laisser votre autorité et par extension celle du ministre remise en cause ? Combien de temps encore allons-nous devoir supporter un système léthargique qui porte directement atteinte à la qualité du dialogue social ?

Vous pouvez mettre en place tous les plans d’action que vous souhaitez ; dès lors que leurs déclinaisons sont entravées, ils ne resteront que des vœux pieux.

Madame la Présidente,

Vous vous étiez engagée à un dialogue social qualitatif. Vous aviez annoncé un changement de paradigme et une nouvelle impulsion. Vos collaborateurs qui sont censés être vos subordonnés ne l’entendent pas de cette oreille et par leur inertie rendent tout dialogue social impossible.

Par ailleurs, le point à l’ordre du jour est juste à titre informatif, les décisions sont déjà prises et, comme de coutume, il nous est demandé de valider un programme qui a été concerté uniquement avec les services déconcentrés.

Pour toutes ces raisons, notre organisation syndicale refuse de siéger au CSA PJJ de ce jour.

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