Prison de Rennes-Vezin : ELSP, le manque d’effectifs et ses effets domino

Ce samedi 24 octobre, le Centre Pénitentiaire de Rennes-Vezin a une nouvelle fois été confronté à une situation qui démontre les limites d’une organisation reposant sur des effectifs insuffisants.

Après plus de 20 heures consécutives de service, des agents ELSP ont dû être relevés d’une extraction médicale. Mais faute de personnels disponibles, ce sont deux agents de détention, accompagnés d’un agent de l’UHSA, qui ont été mobilisés pour assurer cette relève. Une nouvelle fois, on découvre un service pour en faire fonctionner un autre.

Plus inquiétant encore, un départ à seulement deux agents a été demandé, alors que le dispositif initial en prévoyait trois ! Une décision à laquelle les gradés roulement et sécurité se sont opposés, au regard des risques identifiés. Et ce n’est pas la première fois que notre direction envisage de réduire les dispositifs d’escorte dans un contexte de manque d’effectifs.

Faut-il rappeler le drame d’Incarville, qui a coûté la vie à deux de nos collègues ? Les niveaux d’escorte doivent être déterminés par une évaluation des risques, et non par les moyens humains disponibles ! Alors que la fin du panachage se profile, quelles dispositions sont prises pour anticiper les nouvelles exigences de sécurité ?

Mais l’effet domino ne s’arrête pas là. Les deux agents prélevés en détention ont ensuite dû assurer une mission supplémentaire pour l’UHSI. Une simple IRM annoncée s’est finalement prolongée par un scanner, retardant leur retour jusqu’à 17 heures.

Pendant ce temps, l’UHSA subissait directement les conséquences de ce manque d’effectifs. Le prélèvement d’un agent a contraint le service à fonctionner en mode dégradé, entraînant la suppression des parloirs du samedi, une première dans cette unité. Les personnels soignants ont donc été contraints de maintenir fermées les portes des unités de soins. Une situation qui, ajoutée à l’annulation des parloirs, a transformé ce secteur en véritable poudrière, provoquant de fortes tensions avec les personnes détenues et de légitimes inquiétudes chez les soignants. Quant à l’UHSI, elle fonctionnait avec seulement trois agents au lieu de quatre durant tout le week-end !

Le bureau local FO Justice demande à la direction de saisir sans délai la Direction Interrégionale afin d’obtenir rapidement des renforts d’effectif, mais également d’engager une véritable réflexion sur l’organisation des astreintes et des relèves, notamment par la mise en place d’une seconde équipe mobilisable lorsque les missions se prolongent afin de soulager l’équipe d’astreinte.

Le bureau local FO Justice exige que les niveaux d’escorte ne soient jamais revus à la baisse pour pallier un manque de personnels et que les moyens nécessaires soient enfin mis en place pour anticiper la fin du panachage.

Le bureau local FO Justice demande également, dans l’attente de renforts suffisants, la suspension temporaire du recours aux agents ELSP pour les extractions judiciaires, afin de préserver les effectifs nécessaires aux missions prioritaires.

ASSURER LES EXTRACTIONS EST UNE NÉCESSITÉ, MAIS JAMAIS AU PRIX DE LA SÉCURITÉ DES PERSONNELS

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