Alors que les agents réclament depuis des années la fin des pauses cigarettes des détenus sur cours en service de nuit, le personnel médical n’en a cure.
Le 23 juillet 2024, un détenu en avait déjà profité, se cachant du personnel soignant, pour tenter de se faire la belle, en escaladant les deux grillages et en se retrouvant dans le chemin de ronde, où 2 agents de nuit et un gradé avaient été l’interpeller avant qu’il ne puisse aller plus loin.
Ce jour, le Samedi 14 Septembre 2024, suite à un problème de réception de télévision dont le CPN avait connaissance depuis hier, et qu’il n’a pas été jugé utile de régler en priorité, 30 détenus ont décidé de se réunir sur les 2 cours de promenade de l’UHSA, et se sont entendus pour un refus de réintégrer vers 19h15. Certains en ont parlé aux soignants, leur disant que si les télévisions n’étaient pas réparées, ils ne rentreraient pas.
La régulation en a averti le Gradé de nuit qui leur a demandé de ne pas les sortir sur les cours, mais tout en sachant qu’il n’a pas le pouvoir de leur ordonner quoique ce soit. La Direction du CPN a maintenu la sortie.
Après en avoir référé à la direction d’astreinte, il a demandé à ce que les ELSP, présents pour un mouvement, restent en renfort en prévision des évènements.
Rappelons qu’en service de nuit, seuls 3 agents, dont 1 à la PEP, et un gradé sont présents sur le bâtiment.
Finalement, le personnel soignant a négocié avec les détenus afin que les télévisions soient réparées dans la soirée, ce qui a motivé leur réintégration et évité ainsi une issue peut-être dramatique.
Pourtant tout le monde a déjà été averti de cette situation qui perdure !
C’est le deuxième incident en service de nuit en même pas 2 mois, et rien n’a changé entre temps.
Si ces 30 détenus au profil psy avaient été plus loin, face à 3 agents, quelle aurait été l’issue ?
Mais la soirée n’est pas terminée… A 21h45, les personnels techniques ne réussissant pas à réparer, les esprits s’échauffent, encore !
Le personnel soignant demande au gradé de monter afin de calmer un détenu particulièrement menaçant qui les insulte et fait du tapage. Ce dernier, face aux agents, s’empare alors d’un stylo et tente de les blesser.
Heureusement, non sans mal, nos collègues parviennent à le maîtriser et à le mettre en chambre d’isolement sur demande du personnel médical.
Quelques minutes passent, il est 23h environ, le médecin de garde demande le renfort des agents pour procéder à une injection sur ce même détenu, toujours en pleine ébullition. Ce dernier, s’accroche au bouclier, se tape la tête dedans, crache en plein visage de nos collègues et les menace de mort.
Bilan: Notre collègue sera emmené aux Urgences mains sur conseil du médecin ( à l’issue de sa faction afin de ne pas perturber le déroulement du service de nuit déjà bien en difficulté – saluons sa conscience professionnelle! )
Sa main est fracturée
Un dépôt de plainte sera effectué
Mais la nuit n’est pas terminée… 2h40, nouveau renfort demandé pour une détenue arrivante, qui perturbe et insulte tout l’étage soignant.
Nos collègues interviennent à nouveau et se retrouvent face à une furie déchaînée qui se débat de toutes ses forces et s’oppose à l’injection ordonnée, tout cela toujours fleurissant d’insultes et de menaces de mort de toutes sortes…
L’UHSA est un bâtiment à hauts risques, les profils divers mais surtout psychologiques des détenus qui y sont hospitalisés en font une véritable cocotte minute, où les risques ne sont pas mesurés à leur juste mesure.
C’est pourtant sans compter les écrits, les incidents, les agents et les gradés qui avertissent de toutes ces mises en danger potentielles, mais qui ne sont ni écoutés, ni compris, ni entendus.
Les réunions « Blancs Bleus », censées défendre les intérêts de chacun ne sont composées que de têtes pensantes, les agents du « terrain », médical comme pénitentiaire n’y sont pas conviés.
Et le médical n’entend pas la légitimité de la sécurité de tous, eux-mêmes pourtant en première ligne en cas d’incident comme ceux-là.
FOjustice apporte tout son soutien au collègue blessé
FOjustice salue le professionnalisme des agents engagés sur cette nuit de tension
FOjustice demande un audit, afin de repenser toute la sécurité du bâtiment, avec les parties concernées mais aussi les représentants du personnel
FOjustice réclame la fin des détenus sur cours après 19h en Service de Nuit à l’UHSA