« Ofisyé ka dékoré, mé sé solda ki ka tonbé ». Traduction : Les Officiers sont décorés mais ce sont les soldats (en première ligne) qui meurent. Cette phrase est tirée de la chanson « Si sé taw » d’un grand artiste martiniquais.
« MARCHE OU CRÈVE ». C’était le titre d’un tract puissant et dénonciateur, écrit il y a déjà quelques années par le Secrétaire local FO Fleury-Mérogis dans lequel la direction avait été fustigée pour son inertie et son « je m’en foutisme ».
Chers(e) collègues, ces deux allusions ci-dessus trouvent écho dans la situation catastrophique des conditions de travail des personnels pénitentiaires de Guadeloupe, plus particulièrement au CP de Baie-Mahault. Car, force est de constater que, depuis quelques mois, les personnels tombent « comme des mouches » exposés à des conditions de travail de plus en plus dégradées, défavorables à une vie saine et apaisée.
La faute à qui, à quoi ???
- Surpopulation carcérale.
- Surcharge de travail.
- L’usure professionnel.
- Manque cruel de moyen humain et matériel.
- Manque de reconnaissance.
- Souffrance au travail.
- Pression professionnelle constante pour des résultats peu valorisants.
Ce n’est pas faute d’alerter continuellement notre direction et l’Administration. Mais nos cris de douleur, de désespoir et de profonde lassitude restent sans réponses, sans solutions. Toujours la sempiternelle rengaine : «
Nous ne pouvons rien faire pour vous ! » Preuve encore que les personnels du CP de Bémao sont complètement livrés à leur triste sort.
Pas étonnant que les Agents tombent les uns après les autres… Au risque d’avoir bientôt une prison sans personnels. Ils sont victimes de malaises et/ou de traumatismes divers… Si aucune réponse ne nous est apportée dans les plus brefs délais, la prison nous rendra dingue, pire elle nous tuera à petit feu.
Agents fatigués, désespérés… certes. Mais le « Marche ou crève » nous n’en voulons pas !
La situation RH est catastrophique, c’est la dégringolade dans les rangs, une chute libre qui laisse perplexe le peu de « survivants » qui continuent d’assurer le service public.
Pendant ce temps, certains sont félicités car malgré toutes les problématiques, lajol à yo ka touné (la prison fonctionne) ; elle tourne car certains y laissent leur peau et laisseront leur peau d’une manière oud’une autre. Certains, à cause de cette usure professionnelle, de ce rythme de travail trop soutenu, n’ont même pas le temps de profiter amplement de leur retraite. Par ailleurs, nous ne sommes plus des « pti bleus » ; pour la grande majorité, des années et des années de coursives ruinent déjà notre santé physique et mental.
C’est malheureux et scandaleux !
Madame la Directrice, Monsieur le Directeur Interrégional, prenez un peu de temps et penchez-vous sur la situation critique des personnels de Baie-Mahault car cela ne peut plus durer.
Madame la Directrice, Monsieur le Directeur Interrégional, le Centre Pénitentiaire de Baie-Mahault et les Agents méritent un peu plus de respect de votre part. Vous devez absolument éviter que le chaos s’installe.
Tout n’est pas perdu, vous pouvez encore sauver Bémao et ses vaillants soldats.
A défaut, notre organisation syndicale FO Justice Bémao saura sur qui pointer du doigt pour demander des comptes en cas de malheur.