Dans la nuit du lundi 20 juillet, les agents de nuit ont dû intervenir en urgence au QAE pour maîtriser un important incendie de cellule. La personne détenue a dû être évacuée vers l’hôpital dans un état particulièrement préoccupant. ?
Le lendemain matin, les trois agents affectés sur ce quartier ont pris leur service dans un environnement totalement dégradé : odeur persistante de fumée, cendres dans les locaux, conditions de travail indignes. Malgré l’intervention de la société de nettoyage, la reprise de l’activité s’est faite dans des conditions très difficiles.
Comme trop souvent, le manque chronique d’effectifs a conduit à une nouvelle improvisation organisationnelle. Un agent du secteur a été retiré de son poste pour assurer la surveillance des promenades.
A la suite de la reprise de ce service après un lourd incendie, II ne restait plus que deux agents pour gérer ce quartier spécifique. Est-ce cela, la conception de la sécurité de notre administration ?
Et pourtant ce quartier spécifique demande du temps, des moyens humains et de la sérénité. Aujourd’hui, les personnels n’ont plus rien de tout cela.
Le QAE accueille un nombre toujours plus important de profils complexes :
➢ Détenus MOS ;
➢ Personnes issues du QI ;
➢ Mineurs devenus majeurs qui ne sont pas orientés vers le QJM et restent au QAE ;
➢ Plusieurs situations psychiatriques particulièrement sensibles.
À cette charge déjà considérable s’ajoutent les mouvements permanents, les accueils quotidiens et, ce même soir, l’arrivée annoncée de deux nouveaux détenus MOS.
Combien de temps les agents pourront-ils encore tenir dans ces conditions ?
Les personnels du QAE sont épuisés, démoralisés et ont le sentiment d’être totalement abandonnés. Ils assurent leurs missions avec professionnalisme, mais ils ne peuvent plus compenser, seuls, les défaillances de l’administration.
FO JUSTICE EXIGE :
• La fin des prélèvements d’agents du QAE pour pallier les manques dans d’autres postes. Le QAE ne peut plus être la variable d’ajustement des carences de l’établissement ;
• Une adaptation des effectifs à la réalité du public accueilli, composé de détenus MOS, de personnes issues du QI, de jeunes majeurs maintenus au quartier et de profils présentant des troubles psychiatriques nécessitant une vigilance constante ;
• Une réévaluation de l’organisation du QAE avec un renfort durable, afin de tenir compte de la multiplication des mouvements, des arrivées quotidiennes et des situations de crise qui mobilisent durablement les personnels ;
• Une reconnaissance de la charge de travail des agents du QAE, confrontés quotidiennement à des missions de plus en plus complexes sans moyens supplémentaires ;
• Des décisions immédiates pour garantir la sécurité des personnels, qui ne doivent plus être contraints d’assurer leurs missions dans des conditions dégradées et avec des effectifs insuffisants.