Madame la Présidente,
Il est des lieux où le dialogue social respire, où il nourrit les décisions, éclaire les choix, construit des ponts. Et il est des lieux, comme la DT PJJ 93, où il suffoque, piétiné, vidé de sa substance, réduit à un simulacre.
Qu’on ne s’y trompe pas : le dialogue social n’est pas un artifice, ce n’est pas un théâtre d’ombres. C’est une exigence. Une responsabilité. Une promesse faite aux agents, celle d’être écoutés, considérés, associés à la destinée d’un service qu’ils font vivre au prix de leur énergie, de leur santé, parfois même de leur vie de famille.
Si vous, Madame la Présidente, ne reconnaissez pas dans cette promesse un engagement à tenir, alors ayez le courage de nous le dire.
Car nous prendrons acte.
Et plutôt que de participer à une mascarade, nous nous tournerons vers des interlocuteurs capables d’honorer la parole donnée. Car il en va, ni plus ni moins, de la survie du dialogue social dans ce département.
L’absence prolongée du SNPES-PJJ/FSU, les boycotts répétés des autres organisations syndicales dont FO Justice PJJ, ne relèvent ni du désintérêt, ni de l’humeur : ils sont le cri d’alarme d’une instance devenue sourde, d’un dialogue devenu monologue, d’une gouvernance déconnectée du réel.
Madame la Présidente, à force de tirer sur la corde, elle finit toujours par rompre.
Quand on exige des agents qu’ils soient des funambules sur le fil tendu de l’urgence et de la précarité, mais qu’on détourne le regard de leur chute, ne soyez pas surprise si un jour, plus personne ne monte sur le fil.
Quand on réclame du professionnalisme en toutes circonstances, mais que l’institution se permet l’amateurisme, voire le mépris, alors la vocation cède, et c’est la résignation qui prend sa place.
Quand l’administration se glorifie des réussites inventées par ceux qu’elle refuse d’entendre, elle oublie que ces mêmes professionnels s’épuisent dans un silence qu’elle orchestre.
Il est facile de parler de bienveillance, plus difficile d’en faire la preuve.
Il est aisé de saluer les résultats, plus honnête de reconnaître l’usure.
Il est commode d’invoquer l’humanité, plus courageux de la pratiquer.
Aujourd’hui, dans le 93, rien n’est plus normal.
Les équipes se délitent, les corps flanchent, les esprits vacillent.
► Les UEAJ n’ont plus ni moyen ni cap, ils sont sous-estimés et peu reconnus
► Au CEF d’EPINAY SUR SEINE les agents tiennent debout, non pas grâce à l’appui de leur hiérarchie, mais malgré elle. Ils subissent un management infantilisant.
► Les UEMO croulent sous des mesures toujours plus nombreuses, toujours plus pressantes, comme si l’usure était une variable négligeable.
► Les agents de l’UEHC de PANTIN se battent chaque jour contre l’épuisement, l’indifférence et le manque de moyen criant.
► Le SEAT de BOBIGNY, l’UEQM de VILLEPINTE, et bien d’autres encore, sont les théâtres d’un quotidien devenu invivable, entre exigence croissante et reconnaissance en berne.
Et pendant ce temps, les engagements passés, les promesses faites lors des précédents mouvements sociaux, s’effacent dans les limbes d’une mémoire institutionnelle défaillante. Sans oublier les règlements de compte à travers les campagnes de CREP.
Madame la Présidente, si vous persistez dans cette fuite en avant, alors ne comptez plus sur FO Justice PJJ pour légitimer ces parodies d’instances.
Nous serons, toujours, aux côtés des agents.
De ceux qui, dans l’ombre, continuent d’incarner le sens du service public. De ceux qui sacrifient le confort de leur quotidien pour sauver ce qui peut encore l’être. De ceux qui, malgré le mépris, trouvent la force d’agir avec rigueur, avec déontologie, avec dignité.
Mais il faut le dire avec gravité : la reconnaissance s’efface, la colère monte, la passion meurt.
La coupe est pleine. Nous n’en pouvons plus…
Pour assurer l’intérêt supérieur de l’enfant, FO Justice PJJ exige de prendre en compte l’intérêt supérieur de l’agent.
La qualité de la prise en charge passe par cette exigence !