Cher(e)s collègues,
FO Justice PJJ rappelle qu’exercer ses missions au sein d’un Centre Éducatif Fermé ne devrait en aucun cas être synonyme d’épuisement professionnel ni de sacrifice de sa propre santé. Pourtant, au CEF de Laon, les agents subissent quotidiennement les dérives d’un management autoritaire.
Depuis de longs mois, l’équipe éducative est contrainte de pallier les défaillances institutionnelles au prix d’efforts surhumains :
- Plannings bricolés et communiqués à la hâte
- Rappels incessants sur les repos pour combler les absences
- Isolements dangereux face à un collectif de mineurs conséquent
- Absence criante de moyens éducatifs, particulièrement les week-ends.
Le paroxysme du dysfonctionnement est atteint lorsque les éducateurs, au mépris des règles sanitaires et de leur fiche de poste, sont sommés de se muer en cuisiniers de fortune.
À cette désorganisation chronique s’ajoute un management délétère, ponctué de jugements dénigrants. Entendre une direction affirmer qu’ « il n’y a pas de compétences dans l’équipe » est une insulte inadmissible. C’est mépriser profondément des professionnels qui, par leur seul engagement et leur courage, maintiennent l’établissement debout malgré le manque récurrent de moyens. Face à un tel naufrage, la question se pose légitimement :
Qui fait l’effort ici, et qui manque cruellement de compétences ?
Dans cette gestion de l’absurde, le ridicule côtoie l’irresponsabilité. En effet, la Direction territoriale et la direction de service s’obstinent à imposer la gestion d’un cheptel de chèvres et de moutons, contre l’avis unanime de l’équipe.
► Le constat est alarmant : au-delà de la mise en danger des mineurs induite par la faiblesse des ressources humaines, l’équipe assiste, impuissante, à la disparition d’animaux et à l’incapacité d’assurer les soins animaliers élémentaires. Notre organisation syndicale dénonce une véritable maltraitance animale institutionnalisée.
Pendant que le terrain lance des alertes sur ses conditions de travail, la direction semble trop occupée à protéger ses cadres défaillants.
À force de ménager la Direction Territoriale Somme-Aisne plutôt que d’écouter les éducateurs, l’administration perd le sens des réalités. Il faut une sacrée dose de déconnexion pour s’offrir un tel confort sur le dos de la souffrance humaine et animale.
La Direction Territoriale, confortée par une Direction Interrégionale impuissante, choisit la politique du pire. Retranchée dans sa tour d’ivoire, la direction interrégionale oppose la loi du plus fort et refuse obstinément de reconnaître les torts et les dérives de ses subordonnés.
► Le bilan de ce déni de réalité est sans appel :
- Les alertes syndicales et professionnelles sont systématiquement minimisées
- Les propositions concrètes du terrain sont balayées d’un revers de main
- Les personnels en accident de service continuent d’être sollicités de manière éhontée
- Les difficultés s’accumulent sans aucune réponse institutionnelle.
Faut-il qu’un drame survienne pour que l’administration sorte de sa léthargie ?
FO Justice PJJ Grand Nord dit STOP ! Une fois de plus, les agents de la PJJ subissent des conditions de travail inadmissibles. On leur demande d’être toujours plus forts, de faire front, mais on refuse de leur donner les moyens nécessaires pour travailler dignement.
L’établissement est maintenu à flot au détriment de la santé des personnels, de la qualité de la prise en charge et de la sécurité de tous. La suspension d’activité semble être l’objectif de la direction territoriale.
Le CEF de Laon n’est malheureusement pas un cas isolé, mais le symbole d’un modèle à la dérive qui s’alimente du sacrifice des professionnels et du mépris des alertes du terrain.
FO Justice PJJ Grand Nord n’acceptera jamais que le mépris devienne une méthode de gestion.
Nous exigeons un retour immédiat au respect des personnels, des cadres réglementaires et de la dignité professionnelle !