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UISP Océan Indien : Visite du garde des Sceaux

La visite du garde des Sceaux durant ces deux jours dans notre département nous laisse un goût amer.

Aucune mesure nouvelle et concrète n’a été annoncée.

Il s’agit d’un recyclage pur et simple des annonces du DGAP en octobre dernier : sécurisation des établissements, renforcement des ELSP… Rien de nouveau sous le soleil.

L’annonce d’une prison modulaire sur le site du Port a été faite, avec une visite impromptue de cet établissement suite à la pression mise par FO Justice dès le premier jour auprès du cabinet et du garde des Sceaux lui-même. Ce passage sur le site du Port n’était pas prévu dans le déplacement initial.

Le format de rencontre s’est limité à un échange avec un conseiller du ministre, certes à l’écoute, mais ne maîtrisant absolument pas les sujets pénitentiaires.

Rien sur le comblement des postes vacants au CP de Saint-Denis (20) et au CD du Port (15).

Rien sur la reprise des extractions judiciaires.

Rien sur la création d’une UHSA.

En fin de visite sur le site de la MA de Saint-Pierre, il est question d’un projet de création d’un établissement dans le Sud.

Nous ne sommes pas dupes. Quand on connaît l’instabilité politique, les échéances électorales à venir, les annonces passées et les délais de construction d’un établissement pénitentiaire, nous sommes très loin d’un projet concret.

Nous avons rencontré un ministre avenant, au contact des personnels, mais sans annonce tangible.

Un déplacement qui restera malheureusement sans réponse aux attentes légitimes des personnels pénitentiaires.

FO Justice continuera d’exiger des moyens humains, des engagements clairs et un calendrier précis.

Les personnels méritent mieux que des promesses recyclées.

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UISP Océan Indien : Situation Critique des Établissements Pénitentiaires de la Réunion – Lettre Ouverte au Ministre de la Justice

Monsieur le Garde des Sceaux,

La situation des établissements pénitentiaires de La Réunion est aujourd’hui particulièrement préoccupante. La surpopulation carcérale atteint des niveaux alarmants, notamment en raison de l’augmentation significative du narcotrafic sur notre territoire.

La situation extrêmement délicate de la maison d’arrêt des femmes du Centre Pénitentiaire de ST Denis, en est une illustration frappante. Les personnels sont désormais confrontés à une violence régulière, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des établissements, dans l’exercice de leurs fonctions.

Depuis de nombreuses années, l’administration centrale a entretenu une vision trop souvent idéalisée de notre département, laissant entendre que « c’est moins pire qu’ailleurs ». Cette perception ne correspond plus à la réalité du terrain que vivent quotidiennement les agents.

La maison d’arrêt de Saint-Pierre est à bout de souffle : le surencombrement y est devenu la règle. Des matelas sont ajoutés au sol dans des dortoirs accueillant jusqu’à seize détenus.

L’insalubrité des cellules a pu être constaté, il y a quelques semaines par le Directeur Général de l’Administration Pénitentiaire, qui souhaitait vous la montrer lors de votre venue.

Le centre pénitentiaire de Saint-Denis approche désormais les 1 000 détenus hébergés pour une capacité théorique de 575 places. La maison d’arrêt des femmes connaît également une suroccupation préoccupante avec jusqu’à six détenues dans des cellules, au quartier maison d’arrêt et jusqu’à trois au centre de détention.

Ces difficultés s’accompagnent d’un taux de vacance de postes de 20 agents.

La situation n’est plus tenable et les personnels font preuve d’un professionnalisme et d’une abnégation sans faille pour maintenir cette structure à flot.

Le centre de détention du Port, établissement pour peines, cumule les difficultés : de nombreux postes de surveillants restent vacants, la surpopulation ne cesse d’augmenter – jusqu’à trois détenus par cellule – et la structure, laissée sans investissements suffisants pendant des années, souffre d’une vétusté qui dégrade fortement les conditions de travail des personnels.Un travail d’évaluation doit être conduit sur les profils de certains détenus, en particulier ceux exécutant de longues peines, afin d’assurer une adéquation entre les profils pénaux, les régimes de détention et les dispositifs proposés.

Il est impératif que l’ensemble des travaux engagés (bâtiments, PEP, vestiaires…) soient menés à leur terme dans des délais raisonnables, afin de garantir des conditions de travail et de détention dignes.

Nous constatons un développement anarchique des concessionnaires sur le site du port, ce qui met en péril la sécurité de l’établissement.

Il convient de clarifier les conditions de leur implantation et de leur fonctionnement.

Le SPIP de La Réunion traverse une situation de très grande tension en raison d’un manque criant de personnel conjugué à une charge de travail en constante augmentation.

Les conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation (CPIP) suivent aujourd’hui plus de 100 dossiers au milieu fermé du CPSD et plus de 85 dossiers au centre de détention du Port. Ces niveaux excèdent largement les capacités normales de prise en charge et placent le service en fonctionnement dégradé, ne lui permettant plus d’assurer ses missions dans des conditions satisfaisantes.

Un autre indicateur préoccupant de cette situation réside dans l’organisation du travail des personnels administratifs, contraints d’intervenir sur deux antennes afin de pallier les effectifs insuffisants.

Les agents font preuve d’un engagement constant et dépassent largement leur charge normale de travail afin de préserver la continuité du service public de la justice. Toutefois, cette mobilisation ne saurait constituer une solution pérenne. Plusieurs agents sont d’ores et déjà en arrêt de travail.

La DTOI, implantée en grande pompe il y a quelques années, est aujourd’hui devenue une coquille vide.

Grâce à son positionnement stratégique dans le département, elle devait apporter proximité et réactivité au bénéfice des différents établissements. Force est de constater qu’il n’en est rien.

Lors de diverses audiences auprès de l’Inspection, nous avions exprimé la crainte que cette structure ne devienne une strate administrative supplémentaire entre la direction interrégionale et les établissements. Nos craintes se sont malheureusement avérées fondées.

Des personnels, arrivés en MAD depuis différents établissements déjà fragilisés, et déstabilisés par l’instabilité persistante de cette structure, font aujourd’hui le choix de la quitter.

Un décret, attendu depuis des mois et annoncé par le Directeur Général de l’Administration Pénitentiaire lors de son dernier déplacement, n’a toujours pas été publié.

Un organigramme élaboré dans la précipitation, sans aucune concertation, semble avoir été proposé.

Les personnels de la DTOI attendent désormais des annonces concrètes, des engagements clairs et des garanties quant à leur avenir.

Face à l’ensemble de ces situations, FO Justice formule des demandes claires :

  • La construction d’un nouvel établissement dans le sud de l’île afin de répondre durablement à la surpopulation
  • La création d’une unité hospitalière spécialement aménagée, au regard de l’augmentation constante des détenus présentant des profils psychiatriques lourds et des difficultés croissantes de prise en charge
  • La reprise des extractions judiciaires dans notre département, avec des effectifs adaptés et pérennes
  • Le renforcement des effectifs et des moyens matériels dans l’ensemble des établissements ; Le développement et la diversification des métiers pénitentiaires dans les départements d’outre-mer, revendication portée de longue date par notre organisation.

Ces projets constitueraient un signal fort adressé aux agents de La Réunion, qui accomplissent leurs missions dans des conditions de plus en plus dégradées.

Monsieur le Ministre, voilà plus de quatre ans qu’aucun déplacement ministériel n’a eu lieu dans notre département. Les personnels attendent aujourd’hui des mesures fortes, concrètes et budgétairement engagées, non de simples effets d’annonce.

Je vous d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma considération distinguée.

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