EPM de Porcheville : Nos Collègues ne sont ni des Punching-Balls, ni des Pompiers !

En quelques heures, les personnels de l’EPM 78 auront encore une fois été confrontés à des situations particulièrement dégradées : violences, incendies, insultes, crachats, menaces et comportements mettant directement en danger les agents.
Pour FO JUSTICE, rien de tout cela n’est normal.
Et surtout : rien de tout cela ne doit devenir la norme !
UNE NUIT SOUS HAUTE TENSION : LE FEU EN DÉTENTION, LES AGENTS PRENNENT LES RISQUES !
Dans la nuit du 14 au 15 août, dans un contexte où une consommation de produits stupéfiants a été rapportée, la situation va rapidement se dégrader.
Quelques heures plus tard, plusieurs départs de feu sont constatés au niveau des fenêtres de différentes cellules.
Les personnels interviennent immédiatement.
RIA en main, au milieu des fumées, des provocations, des insultes et des menaces, ils parviennent à circonscrire les incendies et à empêcher qu’une situation déjà extrêmement dangereuse ne tourne au drame.
Alors même que les agents sont présents pour protéger l’intégrité physique de l’ensemble de la détention, de nouveaux départs de feu interviennent et les personnels doivent faire face à des provocations et à des comportements particulièrement dangereux.
Mettre volontairement le feu en détention n’est pas un jeu.
C’est mettre en danger les personnels.
C’est mettre en danger les autres personnes détenues.
C’est exposer tout un établissement à un risque majeur.
Combien faudra-t-il de fumées inhalées, de personnels intoxiqués ou blessés pour que la gravité de tels actes soit pleinement prise en compte ?
LE LENDEMAIN, NOUVEL ÉPISODE DE VIOLENCE : UN COLLÈGUE BLESSÉ !
Le 16 août, une personne détenue nécessitant une prise en charge médicale fait l’objet d’une extraction vers un établissement hospitalier afin de bénéficier d’une évaluation et d’une prise en charge adaptées.
La prise en charge est organisée.
Les personnels pénitentiaires font leur travail.
À l’hôpital, selon les éléments portés à notre connaissance, la situation dégénère rapidement :
– insultes envers les personnels hospitaliers et les personnes présentes ;
– comportement particulièrement virulent ;
– refus de se conformer aux consignes ;
– coups portés dans le mobilier ;
– tentative de forcer une sortie ;
– violences nécessitant l’intervention et la maîtrise de la personne détenue.
Les personnels doivent ensuite faire face à des crachats, des coups de pied ainsi qu’à des menaces graves proférées à l’encontre d’un surveillant.
Au cours de l’intervention, l’un de nos collègues est blessé à l’épaule.
FO JUSTICE demande que toutes les démarches nécessaires soient immédiatement engagées afin qu’il bénéficie de la reconnaissance et de la prise en charge auxquelles il peut prétendre au titre de cet événement de service.
ÇA SUFFIT !
Aucune situation individuelle, aussi complexe soit-elle, ne peut justifier les violences, les crachats, les insultes ou les menaces dirigés contre les personnels chargés d’assurer une prise en charge.
FO JUSTICE condamne sans aucune ambiguïté toutes les violences commises contre nos collègues.
Nos personnels ne sont pas des défouloirs.
ET LA DIRECTION LOCALE DANS TOUT ÇA ?
Il serait beaucoup trop facile de féliciter les agents une fois les incidents terminés et de reprendre ensuite le cours normal des choses.
La prévention des risques professionnels, l’organisation du service et la protection des personnels relèvent pleinement des responsabilités de l’administration.
Lorsque des comportements à risque sont identifiés, lorsque les épisodes violents se répètent ou lorsque des situations nécessitent une vigilance particulière, l’administration ne peut pas se limiter à gérer l’urgence au coup par coup.
Gérer un établissement, ce n’est pas attendre l’incident.
C’EST L’ANTICIPER.
Les agents ne doivent pas devenir la variable d’ajustement d’une organisation qui ne réagit qu’une fois la situation dégradée.
FO JUSTICE le dit clairement : lorsque les risques sont identifiés, les moyens humains, matériels et organisationnels doivent être adaptés en conséquence.
La direction locale doit prendre toute sa part dans la protection de ses personnels.
FO JUSTICE EXIGE DES ACTES !
FO JUSTICE demande :
  • la reconnaissance et la prise en charge complète de notre collègue blessé dans le respect de ses droits
  • l’accompagnement immédiat des personnels victimes de violences, crachats ou menaces et la mise en œuvre de la protection fonctionnelle dès lors que les conditions légales sont réunies
  • des réponses administratives et disciplinaires fermes, proportionnées et adaptées lorsque les faits sont établis
  • une réévaluation immédiate des modalités de prise en charge des personnes détenues présentant des comportements violents ou nécessitant une surveillance particulière
  • des effectifs et des moyens adaptés lors des extractions présentant un niveau de risque particulier
  • une coordination renforcée entre l’administration pénitentiaire, les établissements hospitaliers et, lorsque cela est nécessaire, les forces de sécurité
  • une analyse complète des incidents incendiaires survenus et la mise en œuvre de mesures concrètes destinées à prévenir leur répétition.
Et surtout, FO JUSTICE exige que les personnels ne soient plus placés dans des situations manifestement dégradées sans moyens humains, matériels et organisationnels adaptés au niveau de risque constaté.
NOUS SALUONS LE PROFESSIONNALISME DES AGENTS ET DU GRADÉ
Face aux incendies comme face aux violences rencontrées lors de l’extraction, les personnels ont une nouvelle fois fait preuve de sang-froid, de maîtrise, de professionnalisme et d’un véritable sens du service public.
Ils ont protégé.
Ils ont sécurisé.
Ils ont évité que ces événements ne prennent une tournure encore plus grave.
EUX ONT PRIS LEURS RESPONSABILITÉS.
À LA DIRECTION DE PRENDRE LES SIENNES !
FO JUSTICE restera aux côtés des personnels.
Nous refuserons toujours que la violence en détention soit banalisée, que les agressions deviennent une statistique supplémentaire ou que le professionnalisme et l’engagement des agents servent à masquer durablement les difficultés d’organisation et le manque de moyens.
LES PERSONNELS PÉNITENTIAIRES NE SONT NI DES PUNCHING-BALLS, NI DES POMPIERS, NI DES VARIABLES D’AJUSTEMENT !
LEUR SÉCURITÉ N’EST PAS NÉGOCIABLE. 

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